Le principal taux d'intérêt directeur de l'institution reste à 0,75%, son plus bas niveau historique, malgré une situation économique très dégradée dans la zone euro

Pas de suspense à Francfort où la Banque centrale européenne (BCE), qui réunissait, son conseil des gouverneurs a laissé son principal taux d'intérêt directeur inchangé à 0,75%, son plus bas niveau historique, malgré une situation économique qui reste très dégradée dans la zone euro. Cette décision, même si elle n'a pas dû être unanime, était largement attendue par les analystes.

L'entrée de la zone euro en récession au troisième trimestre, pour la première fois depuis 2009, et un chômage à un niveau record 11,7% en octobre auraient justifié une baisse à 0,50% aux yeux de certains gouverneurs. Mais  la BCE semble toujours douter qu'une nouvelle baisse de taux puisse donner un coup de pouce à la croissance. A ce stade, seules les banques profiteraient d'une baisse, l'impact sur l'économie réelle, s'il y en a un, il serait très modeste. Un constat qu'alimente la déception causée par la baisse de juillet qui n'a pas contribué à un meilleur accès du crédit des entreprises de l'eurozone les plus en difficulté. Une nouvelle favorable aux investisseurs en immobilier locatif et en SCPI qui vont bénéficier d'un rendement attractif et d'un fort effet de levier sur leurs investissements à crédit.

La BCE avait d'autant moins intérêt à agir qu'apparaissent par ailleurs certains signes positifs. Le premier d'entre eux, visible depuis l'annonce en septembre d'un nouveau programme de rachat de dette publique par la BCE. Les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie, deux pays durement attaqués au cours de l'été, n'ont cessé depuis de reculer tandis que les capitaux étrangers reviennent vers la zone euro. En outre, le moral des ménages a fait un bond de manière inespérée en novembre en Allemagne, en France et en Italie.

D'autant que du côté de l'inflation, les craintes d'un échauffement sont pour l'instant écartées. La hausse des prix a nettement ralenti en novembre dans la zone euro, à 2,2% en un an contre 2,5% le mois précédent, selon l'office européen de statistiques Eurostat. Elle devrait revenir en 2013 dans les clous du mandat fixé à la BCE, c'est-à-dire à un niveau proche mais inférieur à 2%. La BCE, qui table pour l'instant une hausse des prix de 1,9% en 2013.L'institution doit aussi annoncer ses nouvelles prévisions de croissance, qu'elle risque de revoir significativement à la baisse pour 2013, selon les économistes. En septembre, elle misait sur un recul de 0,4% du Produit intérieur brut (PIB) de la région cette année, et sur une progression de 0,5% l'an prochain.